Ils ont dit...

Serge Galam

S'il existait une seule preuve de la culpabilité humaine dans le réchauffement climatique,toutes les conférences internationales du GIEC deviendraient inutiles.

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La vérité sortant du puit PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 28 Août 2010 13:56
I
l existe diverses méthodes permettant de faire parler les "proxy" qui nous renseignent sur les températures du passé.

Il existe aussi une méthode quasi "directe" : C'est l'analyse des températures du sous-sol.

Cette méthode, en mesurant précisément les températures dans un forage, permet de remonter dans le temps jusqu'à plusieurs milliers d'années, en fournissant sans doute l'information la moins sujette à caution de toutes les méthodes de paléoclimatologie.

Le principe de la méthode est simple : On sait que les variations des température à la surface du sol se retrouvent dans le sous-sol avec un certain "décalage".
figure 1
Il suffit donc (au moins théoriquement) de mesurer les températures dans les forages de plusieurs centaines de mètres de profondeur, pour retrouver les variations du passé.

La théorie de la conduction de la chaleur fournit les expressions exactes – au sens mathématique – de l'amplitude et du décalage temporel de cette empreinte, pour une profondeur donnée.
 

figure 2


Pour retrouver les températures au sol à une date donnée, il faut "inverser" le signal géothermique (température en fonction de la profondeur) pour en déduire une information paléoclimatique (température de surface en fonction du temps)1

Pour «inverser» un profil thermique on isole la composante transitoire du signal.


Un géotherme contient en effet la superposition de l'augmentation naturelle permanente de la température en fonction de la profondeur, et la réponse aux changements successifs de la température du sol. 

De nombreux scientifiques se sont intéressés à cette question et ont produit un certain nombre d'articles relatant leurs recherches (voir bilbliographie) parmi lesquels je retiendrais les travaux de Shaopeng P. Huang et Henry N. Pollack, tous deux chercheurs à l'Université du Michigan (USA).

Ces deux chercheurs déclaraient en 2007 dans un article de la revue Geophysical Research Letters :

"L'analyse de plus de 6 000 mesures de flux thermique en fonction de la profondeur a conduit à la reconstruction de l'histoire des températures moyennes de surface sur les 20 000 dernières années. La première moitié du Holocène apparait comme une longue période relativement chaude, de quelques 0,2 à 0,6 degré Kelvin plus élevée que la température actuelle (NDLT 1998) constituant la période culminante du réchauffement ayant suivi la fin de la dernière glaciation. Les températures étaient aussi plus chaudes qu'actuellement il y a 500 à 1000 ans (NDLT Optimum Médiéval). Cependant, elles se sont refroidies de quelques 0,2 à 0,7 degrés K en dessous des températures actuelles il y a 200 ans (NDLT Petit Âge Glaciaire).Bien que les variations de température pour ce type de reconstruction soit fortement lissées, leurs résultats correspondent clairement avec les grandes lignes  des changements climatiques survenus à la fin du Quaternaire et rapportés par les proxies."


L'analyse thermique des températures du sous-sol confirme donc l'existence de l'Optimum Médiéval, mais surtout nous montre l'existence, au cours de la première moitié du Holocène (en gros, entre -14 000 et - 10 000, soit entre -12 000 et - 2000 avant JC, d'une période plus chaude que la température actuelle.


Une année après, ces 2 mêmes chercheurs publiaient un autre papier dans la même revue. :

Nous présentons une suite de nouvelles reconstructions de 20 000 ans qui intègrent 3 types d'informations géothermiques : une première base de données globale des mesures de flux thermique terrestre, une deuxième base des températures fonction de la profondeur, et enfin les enregistrement instrumentaux des températures du 20ème siècle, mesurées par rapport aux moyennes des valeurs instrumentales de la période 1961 - 1990. Ces reconstructions marquent un réchauffement depuis le dernier maximum glaciaire, l'arrivée d'un épisode chaud au milieu du Holocène, la période de l'Optimum Médiéval (OM)  le Petit Âge Glaciaire et le réchauffement rapide du 20ème siècle. Ces reconstructions montrent l'épisode chaud du milieu du Holocène, quelques 1 à 2 degrés K au-dessus du niveau de référence, le maximum de l'Optimum Médiéval au niveau ou légèrement au-dessous du niveau de référence, le minimum du Petit Âge Glaciaire environ 1 degré K en-dessous du niveau de référence, et enfin les températures de la fin du 20ème siècle, environ 0,5 degré K au-dessus du niveau de référence.

En 2000, ces chercheurs précisaient dans un nouveau papier que : 

Au Groenland où les forages se montrent exceptionnellement précis grace à l'absence de sigaux parasites "au moment du maximum glaciaire, soit il y a 25 000 ans, la température du centre du Groenland était 20 à 25 degrés en dessous de la température actuelle, et elle était 2,5 degrés au-dessus de la température actuelle pendant la période allant de -8 000 à -4 000 ans appelée quelquefois l'Optimum Climatique. Le dernier millénaire a débuté avec des températures situées environ 1 degré plus haut qu'aujourd'hui, mais mais au milieu du 19ème siècle elles elles étaient tombées 0,5 à 1 degré en dessous de la température d'aujourd'hui, marquant la fin du Petit Âge Glaciaire. Cette région s'est ensuite réchauffée au cours de la première moitié du 20ème siècle, mais s'est refroidie quelque peu au cours des décades qui ont suivi".


A noter aussi que toujours d'après ces auteurs, les températures de l'Antarctique et celles du Groenland apparaissent anti-corrélées au cours du dernier millénaire pour ce qui est du Peti Âge Glaciaire et de l'Optimum Médiéval. Cette dernière période ressemble donc fortement à la période actuelle où les températures de l'Antarctique et du Groenland sont aussi anticorrélées.


S'il faut retenir seulement un point important de ces recherches, c'est qu'elles mettent en lumière le fait que le climat de notre planête peut subir des variations importantes en l'absence ou en présence de variation du CO2 dans l'atmosphère. En d'autres termes, et contrairement à ce que certains affirment par ailleurs, dans les conditions actuelles, il existe d'autres causes que le CO2 atmosphérique qui peuvent faire varier la température de plusieurs degrés .

Il ne sert à rien de se battre pour savoir si l'Optimum Médiéval a atteint ou a dépassé la température actuelle.

L'équipe du "hockey stick" l'avait d'ailleurs bien compris : il faut éliminer complètement l'Optimum Médiéval, en présentant une courbe plate comme l'a fait Mann à la présentation publique des travaux du GIEC en 2001.

Cette courbe a été reconnue comme inexacte, et a disparu des présentations ulterieures du GIEC. Ce qui n'empêche pas un certain nombre de retardataires nostalgiques de continuer à la défendre, tout en reconnaissant par ailleurs l'existance de l'Optimum Médiéval. Ils n'en sont pas à un paradoxe près...

A partir de cette simple constatation, l'attitude scientifique consiste à rechercher toutes les autres causes possibles de variation des températures

C'est ce que font des scientifiques comme Vincent Courtillot, ou encore Henrik Svensmark, Nir Shaviv ou J. Veiser. Au grand dam de nombreux convaincus de la cause carbocentrique dont font partie d'ailleurs certains scientifiques ou supposés tels qui voudraient empêcher les travaux de ces chercheurs, au motif qu'on a déjà trouvé le responsable du réchauffement, à savoir le CO2  anthropique... 

Non seulement ces convaincus croient en la responsabilité pleine et unique du CO2 anthropique, mais encore ils ont envie qu'il en soit ainsi.

C'est ici que s'arrête l'esprit scientifique et que commence le Dogme...
(1) Le sujet m'intéresse beaucoup et me concerne à double titre : en effet, j'ai passé une partie de ma carrière dans les forages pétroliers au Texas , et je suis actuellement ingénieur-conseil en thermique.


Références des courbes
Guillou-Frottier L.,Mareschal J.C., et Musset J. (1998) – Ground surface temperature history in central Canada inferred from ten selected borehole temperature profiles, Journal of Geophysical Research, 103, B4, 7385-7397.

Bilbiographie sommaire :

Mise à jour le Samedi, 28 Août 2010 13:56
 
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