Se connecter
S'inscrire
les heures affichées sur cette page sont les heures GMT. Pour les transformer en heures locales actuelles (France) ajouter 1 heure en heure d'hiver, et 2 heures en heure d'été.
♦ ♦ ♦
Concernant les commentaires anciens (plus de 6 mois) si vous constatez que votre pseudo a été remplacé par "invité", c'est que celui-ci a été victime d'une mise-à jour malencontreuse. Si vous souhaitez que votre nom réapparaisse, tranmettez moi simplement votre pseudo, si possible le titre du commentaire ainsi que la date et l'heure du commentaire qui figurent au-dessus du commentaire. Je ferai réapparaître votre nom à la main.
| Le rapport de l'OMM ou l'art de faire dire n'importe quoi aux chiffres |
|
|
|
| Mardi, 06 Décembre 2011 08:53 | ||
|
Voyons donc un peu sur quelles bases se fondent ces déclarations plus alarmantes les unes que les autres. Premier argument :" les 13 années les plus chaudes font toutes parties des 15 dernières années écoulées depuis 1997"Cet argument démontre que la température des années précédant les 13 dernières années a augmenté. Pas que la température des 13 dernières années a augmenté : nuance importante. En effet, si la température ne bougeait plus pendant 100 ans, on pourrait affirmer aussi au bout de ces 100 ans " les 13 années les plus chaudes font toutes parties des 15 dernières années écoulées " et même que "les 100 années les plus chaudes font toutes partie des 100 dernières années écoulées". Cet argument ne démontre donc pas du tout un quelconque réchauffement au cours des 13 années écoulées. Mais il impressionne, ce qui est le but recherché. Deuxième argument : "Si elle n'avait pas été sous l'influence d'une très puissante Niña, l'année 2011 aurait été beaucoup plus chaude".Voilà le type même de l'argument fallacieux. En effet, les phénomènes "el Niño" ou "la Niña" ne sont que l'expression d'un état climatique global plus ou moins fluctuant dont la température globale est une des caractéristiques. Ces phénomènes sont eux-mêmes des observations dont la température fait d'ailleurs partie. Ce ne sont pas des causes, mais des conséquences au même titre que la température et la pression atmosphérique. Dans le même ordre d'idée, ce n'est pas l'apparition de nuages qui provoque la pluie, mais un ensemble de phénomènes concernant les vents, la température et l'humidité de l'air qui provoque l'apparition de nuages et celle de la pluie. La simultanéité ne signifie pas nécessairement relation de cause à effet. Troisième argument : " l'année 2011 se classe au dixième rang ex-aequo des années les plus chaudes depuis 1850"Cet argument est étonnant. On a vu plus haut, qu'à la suite du réchauffement observé avant les 13 dernières années, il était logique que toutes les années de cette période soient plus chaudes que les années précédant la période, même s'il n'y avait aucun réchauffement durant cette période. Si l'année 2011 se classe au dixième rang (ex-aequo ?) cela signifie plutôt clairement que neufs autres années de la période sont plus chaudes qu'elle et donc que c'est une des années les plus froides de cette période. Elle indiquerait donc plutôt une tendance au refroidissement... Quatrième argument : "La température moyenne de la décennie 2002-2011, supérieure de 0,46 °C à la normale, est la plus élevée jamais constatée pour une période de 10 ans, à égalité avec la décennie 2001-2010".Remarquons tout d'abord que ce que l'OMM appelle "la normale", c'est la moyenne des températures mensuelles relevées dans la période 1961 - 1990. Pourquoi cette période est-elle plus "normale" que les autres ? Le mystère reste entier, mais on peut noter que cette période est la période choisie par le GISS comme référence pour ses "anomalies". Coincidence ? Non, pas vraiment. Le GISS est aussi le seul organisme qui observe une tendance toujours un peu montante de la température au cours de ces dix dernières années, à la différence de tous les autres. Il est donc "normal" que ses données aient été choisies plutôt que les autres. Elles cadrent mieux avec CQFD... Ensuite, dire que la température moyenne de la décennie 2002 - 2011 a une valeur égale à celle de la décennie 2001 -2010, c'est tout simplement avouer que la moyenne mobile sur 10 ans des températures n'a pas évolué. Autrement dit, c'est affirmer que depuis 10 ans, la température n'est pas montée. Argument étrange quand on veut démontrer précisément le contraire... Cinquième argument : "Ces informations préliminaires pour 2011 sont fondées sur les données climatiques transmises par divers réseaux de stations météorologiques et climatologiques terrestres"Ce qui signifie qu'il s'agit des meilleures informations possibles. En réalité, l'OMM déclare se servir de 3 séries de données : le Hadley Centre, la NOAA et le GISS. Comme la NOAA et le GISS utilisent les mêmes stations de mesure, cela ne fait, en réalité, que deux séries et non pas trois, et cela augmente l'importance de la série américaine par rapport à la série anglaise. Curieusement, l'OMM n'utilise pas les données satellitaires qui existent pourtant depuis 1979. La publication de ce rapport m'a conduit à faire une analyse un peu plus détaillée de ce qu'indiquent les organismes qui publient les valeurs moyennes des températures du globe. En voici les résultats. Curieusement, les conclusions que l'on peut en tirer ne reflètent pas , mais alors pas du tout les conclusions du rapport de l'OMM. J'ai dû probablement me tromper dans mes calculs... Tout d'abord, j'ai choisi une source aussi fiable que possible : les données fournies par le site "Wood for Trees" me semble unanimement réputées pour leur fiabilité et pour leur impartialité, et je suis donc passé par ce site pour choisir les données. J'ai choisi les données du Hadley Centre : (HADCRUT variance-adjusted global mean) les données du GISS (GISTEMP LOTI global mean) et les données satellitaires (RSS MSU lower trop. global mean). J'ai fait subir à ces 3 séries, sur Wood For Trees une normalisation, afin que les valeurs puissent être comparées avec un poids identique pour chacune d'entre elles. La série des données normalisées est consultable ici. Le graphique correspondant est visible ci-dessous : Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette fameuse croissance des températures dont on nous rebat systématiquement les oreilles tous les jours ou presque est complètement absente. Mieux : la tendance de la moyenne des séries présente une légère valeur négative... Mais les surprises ne s'arrêtent pas ici. Voici le graphique représentant les moyennes annuelles de ces trois séries : Examinons donc plus précisément la position (provisoire) de l'année 2011 dite "particulièrement chaude" par notre-planete.info et qui fait "tirer la sonnette d'alarme concernant le climat mondial" d'après RMC ou La Libre belgique ou encore "l'une des plus chaudes jamais relevée" d'après Le Devoir : De qui se moque-t-on ? L'année 2011 s'annonce comme particulièrement froide pour les 11 dernières années, et cela pour les trois organismes choisis. Et encore, les chiffres dits "2011" ne concernent, en fait, que les 10 premiers mois de l'année. Or, les températures de surface de la mer sont en train de baisser significativement, ce qui annonce, en général, une baisse consécutive de la température moyenne globale. La moyenne de l'année 2011 va donc probablement s'en trouver affectée. Il est très inquiétant que Monsieur Michel Jarraud, secrétaire général d'un organisme officiel comme l'OMM se permette une telle désinformation. Et l'occasion du sommet climatique de Durban n'excuse rien du tout.
(1) Les médias LE DEVOIR : "Conférence de Durban - L'année 2011, l'une des plus chaudes jamais relevées" La Libre Belgique : "L'OMM tire la sonnette d'alarme concernant le climat mondial" Le Monde : "Notre science est fiable et démontre sans ambiguïté que le climat mondial se réchauffe et que ce réchauffement est dû aux activités humaines", a souligné dans un communiqué le secrétaire général de l'OMM, Michel Jarraud Le Point : "La planète continue de se réchauffer et 2011 comptera parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées" RFI : "L'OMM est catégorique : le réchauffement planétaire est alarmant" Sciences et Avenir : "Climat: toujours plus d'indices "sans ambiguité" du réchauffement en cours"
|
||
| Mise à jour le Lundi, 26 Novembre 2012 15:58 |