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| L'EPA bidouille pour justifier ses chiffres |
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| Samedi, 05 Mai 2012 10:17 |
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L'EPA s'est beaucoup intéressée à la pollution de l'air par les particules fines. Elle a défini pour les États-Unis un certain nombre de règles limitant la teneur atmosphérique en particules fines susceptibles de pénétrer dans l'organisme par les voies respiratoire en raison de leurs très faibles dimensions. Ces règles ont été étendues également au monde entier par l'intermédiaire de l'OMS. (Ce qui ne signifie évidemment pas qu'elles sont appliquées partout). Depuis sa fondation en 1970, l'EPA a été régulièrement accusée d'avoir été noyautée par un certain nombre d'extrémistes verts. Un cas typique des excès dont on accuse l'EPA est, par exemple, le fait d'avoir déclaré que le CO2 était un polluant dangereux. Le fait de déclarer "polluant dangereux" le gaz qui sert de brique de construction à toute la vie sur la terre serait jugée grotesque et sans intérêt si l'émetteur d'une telle stupidité n'était pas une Agence officielle américaine, et qu'il ne peut être que lourd de conséquences. Un autre exemple des excès de cette agence, dont je voudrais parler aujourd'hui est donné par la publication récente d'un rapport concernant les effets des particules fines sur la santé humaine. Ce rapport cite lui-même un certain nombre d'études censées apporter des preuves aux conclusions du rapport final. Parmi ces preuves, un journaliste américain, Steve Milloy, a extrait une étude cautionnée et revue par les experts de l'EPA qui conclut (évidemment) à la dangerosité de l'exposition aux particules fines. Cette étude, présente le cas d'une femme de 58 ans qui était volontaire 1 pour un test d'exposition aux particules fines du type PM2.5 2. Vingt minutes après le début de l'exposition aux poussières dans une chambre de test adéquate, les télémesures ont révélé que la patiente était victime d'une fibrillation auriculaire (fibrillation d'une oreillette). Le test a été immédiatement interrompu, et la patiente a retrouvé un rythme cardiaque normal après environ deux heures. D'après les auteurs de l'étude, le fait que la patiente ait démarré sa fibrillation peu de temps après son exposition aux poussières fines, suivi du fait que l'interruption de cette exposition a été suivie par l'arrêt de la fibrillation, ne laisse guère de doute sur le lien de cause à effet entre l'exposition aux poussières et les problèmes de santé liés au rythme cardiaque. C'est sans doute pour cette raison que cette étude figure en bonne place dans l'argumentaire de l'EPA sur les dangers présentés par les particules fines dans l'atmosphère. Le problème, cependant, c'est que cette patiente pesait 104,4 kg pour une taille de 1,73 m... Sans importance, diront les convaincus d'avance. Un autre problème, c'est que le père de cette dame est mort à 57 ans d'une crise cardiaque... Toujours sans importance, sans doute, puisque c'était des médecins qui faisaient le test et que les médecins savent... Un troisième problème, relevé, lui, par Steve Milloy, c'est que cette dame participait, en fait, à un test beaucoup plus large commencé depuis 2010 auquel 40 autres personnes ont, elles aussi, participé. Sur ces 40 personnes, une seule a présenté, à un moment donné, une augmentation de son rythme cardiaque, ce qui a valu que l'expérience ait été interrompue pour elle. Aucun autre symptôme n'a été observé chez cette personne après son exposition aux particules fines. Voici la liste des tests effectués, obtenue par Steve Milloy en application de la règle du FOIA. Cliquer pour agrandir Notons enfin, pour conclure dans l'étrangeté, que l'étude en question dans ses abondantes références, "oublie" quelques études pourtant fort intéressantes elles aussi concernant l'effet des particules fines sur la santé des personnes, par exemple : Fine Particulate Air Pollution and Total Mortality Among Elderly Californians, 1973–2002 qui ne trouve aucun lien entre l'exposition aux poussières atmosphériques et la mort prématurée des personnes âgées. Les effets de la pollution par les particules fines ont aussi été étudiées par des gens qui savent de quoi ils parlent : les chinois. On apprend, à la suite d'une vaste étude menée dans la région de Xi'an où la teneur en particules fines d'un diamètre inférieur ou égal à 2,5 µm atteint une valeur moyenne de 182,2 μg/m3, que les seuils acceptables de teneur atmosphérique en PM2.5 se situent très au-dessus de la limite de 10 µg/m3 fixée par l'OMS puisque l'application de l'effet linéaire sans seuil, apparemment adapté au cas des particules fines nécessiterait, selon l'étude chinoise en question (Fine Particulate Matter Constituents and Cardiopulmonary Mortality in a Heavily Polluted Chinese City) une teneur totale en particules fines d'environ 280 µg/m3 pour observer une augmentation des décès significative de 10 %. On est bien loin des 10 µg/m3 recommandés par l'OMS (sous l'influence de l'EPA), et des annonces alarmistes des sites écolos du style Actu-Environnement qui ne s'embarrassent pas des précautions usuelles quant à la manipulation des statistiques, et qui annoncent carrément " PM2,5 : le non respect du seuil OMS cause près de 20.000 décès prématurés par an dans les villes européennes" . Je ne mets pas une seconde en doute le fait que la pollution par les particules fines soit la cause de certains troubles de santé, et qu'il soit très désirable de limiter, autant qu'on le peut, ce type de pollution. Je mets simplement en doute la tranquille assurance avec laquelle on arrive à un nombre précis de morts prématurées. Cette assurance me fait plus penser à de l'incompétence liée au fait que les statistiques sont difficiles à évaluer. De plus, je ne comprend pas bien pourquoi le doigt est pointé vers les automobiles, alors qu'il existe deux autres sources de particules fines dans l'atmosphère : le chauffage domestique au fuel et surtout le chauffage domestique au bois qui est, lui, encouragé par l'ADEME... comprenne qui pourra. (Moi, je comprends qu'il s'agit de tuer la bagnole, point barre). Pour en revenir à l'EPA, le simple fait de cautionner les résultats d'une étude fondés sur un seul cas sur 41 est fort inquiétant. Il met en pleine lumière le fait grave que des scientifiques convaincus de la justesse de leur "cause" n'hésitent pas à présenter des résultats totalement biaisés pour paraître plus convaincants. Espérons que les sanctions indispensables seront prises pour tenter de sauver une organisation qui me semble bien mal partie... (1) Ce genre de volontariat, considéré comme choquant chez nous, est tout à fait admis aux USA, dans un cadre strictement réglementé, et contre rémunération, bien entendu. (2) Les particules fines atmosphériques sont, entre autres, caractérisées par leur diamètre. Les particules fines du type PM2.5 ont un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres. |
| Mise à jour le Dimanche, 03 Juin 2012 00:11 |