L'observation attentive de l'évolution des températures terrestres réserve parfois quelques surprises

Les températures de la basse atmosphère mesurées par les satellites et exploitées par l’Université d’Alabama à Huntsville (UAH) s’affranchissent des biais des températures de surface (relief, zones terrestres peu ou pas couvertes) et l’évolution de leur moyenne est probablement un reflet le plus fidèle possible de l’évolution des températures globales. L’orbite des satellites en question passe systématiquement au-dessus des pôles en se décalant à chaque tour, réalisant finalement un survol complet et homogène de toutes les zones de la surface terrestre. Ce survol permet une couverture beaucoup plus homogène que celle apportée par les stations terrestres.

Les mesures satellitaires sont régulièrement critiquées par les carbocentristes car elles donnent des valeurs qui ne correspondent pas exactement à la doxa réchauffiste (ce qui les rend d’autant sympathiques pour le climatosceptiques…). Cela ne les empêche d'ailleurs pas d'accepter sans aucune réticence les températures de surface de la mer qui proviennent pourtant pour une large part, des mesures satellitaires...  

Dans l’ancienne édition de ClimatDeTerreur.info, j’ai reproduit, tous les mois, le graphique des températures de la basse atmosphère réalisé et tenu à jour par Roy Spencer. Dans la présente édition, j’ai préféré réaliser moi-même le graphique à partir des données publiées chaque mois par l’Université de l’Alabama. Voici ce graphique :

UAH 11 10 2019
Graphique 1 mis à jour le 9 août 2020

 

Les écarts de température représenté en ordonnées sur le graphique représentent la différence entre la moyenne des températures réelles mesurées, et la température moyenne calculée sur la période 1981 – 2010 (30 ans) pour le mois correspondant. Il est important de savoir que les périodes de référence des différents organismes publiant des données de température ne sont pas forcément identiques. Les valeurs des écarts (appelés souvent « anomalies » comme s’il existait une température réglementaire « normale ») sont donc différentes suivant les organismes qui publient, sans que cela signifie nécessairement que les températures mesurées sont différentes.

Quelques explications sur ce graphique

Il y a six différentes courbes sur ce graphique :

  • Les courbes en zigzags sont constituées par des points reliés entre eux par des segments pour faciliter la lecture. Ces points représentent la moyenne des températures mensuelles de la basse atmosphère au-dessus de : 
    • Les océans (points bleus, entourés de rouge)
    • Les terres (points verts entourés d'orange)
  • Les courbes continues épaisses sont constituées par les moyennes glissantes annuelles des valeurs ci-dessus :
    • Moyenne annuelle glissante au-dessus des océans (courbe épaisse bleue).
    • Moyenne annuelle glissante au-dessus des terres (courbe épaisse verte)
    • Moyenne annuelle pondérée des deux valeurs ci-dessus (courbe épaisse jaune

Depuis septembre 2018, le point représentant cette moyenne est positionné sur le 15 du dernier mois (méthode Microsoft). Il était auparavant positionné sur le 15 du septième mois. La courbe représentative démarre à gauche au 15 janvier 2016

Autre observation : 

La température moyenne obtenue à partir des stations terrestres fait traditionnellement la une des grand médias parce qu’elle est considérée comme une valeur simple et facile à comprendre pour tout le monde. C’est cependant une valeur entachée de nombreux défauts qui sont tels qu’il est peu pertinent de lui attacher une importance quelconque. En effet :

  • La répartition des stations de mesure de température à la surface de la terre est très loin d’être homogène. Par exemple, le nombre de stations de mesures aux USA est d’environ 1 200, alors que le nombre total des stations dans le monde est de 7 200 environ. Les USA représentent donc 1 200/7 200*100 = 17 % des points de mesure alors que la surface des USA ne représente qu’environ 2 % de la surface du globe (Hansen 2001).
  • Certaines régions du globe ne sont pas couvertes du tout ou couvertes par un nombre très petit de stations par rapport à leur surface. Les températures sont donc extrapolées sur des distances pouvant aller jusqu’à 1 200 km (GISS).
  • L’altitude des différents points de mesure n’est pas prise en compte. Or, les températures mesurées à la surface du globe sont prises conventionnellement au-dessus du sol à une hauteur de 1 ou 2 m. C’est donc la température de l’atmosphère qui est, en fait, mesurée. La température étant une grandeur intensive, c’est en fait l’énergie liée à la température qui est tacitement considérée lorsqu’on en fait la moyenne. Or, l’énergie en question est elle-même liée à la masse spécifique de l’air, et donc à l’altitude du point de mesure.

La surface de la mer représente plus de 70 % de la surface du globe. Sa température est mesurée par des bateaux sillonnant en permanence les océans, par des satellites munis de radiomètres qui mesurent la température par la mesure de l’émission infrarouge des premiers millimètres de la surface, et enfin par une série récente et importante de bouées, les bouées du projet ARGO. Ces mesures peuvent être comparées entre elles et servir au calcul bien plus rationnel d’une moyenne à altitude constante, fiable et plus significative que la moyenne des températures terrestres.

Le graphique suivant représente l’évolution des températures de surface marines (SST[ii]) publiée par la NOAA :

SST depuis 1982 11 10 2019
Graphique 2 mis à jour le 9 août 2020

Origine : http://iridl.ldeo.columbia.edu/SOURCES/.NOAA/.NCEP/.EMC/.CMB/.GLOBAL/.Reyn_SmithOIv2/.weekly/.ssta/%5BX%5D0.0/average/%5BY%5D0.0/average/T/%28jan%202012%29%2814-20%20Apr%202013%29RANGEEDGES/

La température de surface de la mer baisse depuis 2016, après avoir connu une montée importante entre 2012 et 2016 et une quasi-stagnation en 1998 et 2012. Les modèles informatiques n'expliquent pas ces variations qui ne suivent pas précisément l'augmentation du taux atmosphérique de CO2. 

La NOAA publie les valeurs moyennes des températures calculées sur une période de 7 jours. Son site peut calculer à la demande la moyenne globale hebdomadaire des SSTs qui a été utilisée pour construire le graphique ci-dessus.

Ci-dessous, le graphique complet des moyennes hebdomadaires des SST de la NOAA (Le premier graphique ci-dessus ne représente les valeurs que depuis janvier 2016, il correspond au rectangle bleu en haut et à droite du graphique suivant).

SST depuis 2016 11 10 2019Graphique 3 mis à jour le 9 août 2020

Origine : http://iridl.ldeo.columbia.edu/SOURCES/.NOAA/.NCEP/.EMC/.CMB/.GLOBAL/.Reyn_SmithOIv2/.weekly/.ssta/%5BX%5D0.0/average/%5BY%5D0.0/average/T/%28jan%202012%29%2814-20%20Apr%202013%29RANGEEDGES/

Saviez-vous que les températures de la mer ou de l'atmosphère baissaient régulièrement depuis 2016 ? Probablement pas si vous vous contentez de suivre celles-ci sur les médias traditionnels : aucun d'entre eux n'annonce ce phénomène pourtant très net. An contraire, des annonces tonitruantes vous persuadent que les températures foncent vers des sommets très inquiétants. L'objectif est en effet de vous amener à accepter des prix de l'énergie qui vont progressivement doubler ou tripler si on produit celle-ci avec des procédés moyennageux comme les éoliennes.C'est ce qu'on nomme de la désinformation. 

Il existe évidemment d'autres sites de référence qui recueillent et publient régulièrement les mesures de température. Le plus respecté est probablement le Hadley Centre, branche du Met Office londonien qui fournit les prévisions météos britannique depuis 150 ans. Il existe également les données du GISS (Goddard Institute for Space Studies), branche de la NASA. Le problème des données du GISS, c'est que dans les zones de la surface terrestre où les stations de mesure sont très éloignées les unes des autres, le GISS utilise un algorithme qui interpole les valeurs de températures sur des distances allant jusqu'à 1 200 km. C'est un peu comme si on déterminait la température de Marseille à partir de celle de Lille. Ce procédé à été analysé et conduit à des exagérations des valeurs de réchauffement dans des zones comme l'Arctique. Mais il faut noter que l'objectif de l'inventeur de ce procédé, James Hansen, était aussi d'alarmer les populations.

Voici les données de températures du Hadley Centre depuis  janvier 2016 : admirons la parfaite horizontalité de la droite de régression, pas très conforme au discours ambiant...

Hadley 2019 04 04

Graphique 4 mise à jour le 21 décembre 2019

Origine : https://www.metoffice.gov.uk/hadobs/hadcrut4/data/current/download.html (serie : Global (NH+SH)/2 annual).

Le graphique ci-dessus est construite à partir des données dites "médianes" du Hadley Centre. La valeur médiane d'une série de valeurs est la valeur telle qu'il y a autant de valeurs plus grandes que de valeurs plus petites que cette valeur dans la série. Attention ! c'est une valeur en général différente de la moyenne. La courbe rouge pointillée est donc la courbe des médianes de températures. Cette courbe est entourée (au-dessus et au-dessous) par deux valeurs  telles que tous les points situés dans cet intervalle représentent une valeur qui a plus de 95 % de chances de représenter la valeur réelle. Les deux valeurs mentionnées (supérieure et inférieure) sont calculées en combinant les incertitudes liées aux mesures : biais de mesure, incertitudes liées à l'échantillonnage et incertitudes liées à la couverture spatiale des points de mesure.. Voir https://www.metoffice.gov.uk/hadobs/hadcrut4/data/current/series_format.html

Et voici les données du GISS :

Giss 2020 08

Graphique 5 : évolution des températures terrestre selon le GISS. Mis à jour le 14 août 2020

Pour le GISS, comme en témoigne le graphique 5 ci-dessus, les températures sont bel et bien monté depuis 2016 : exactement de 0,0153 degré C soit 0,3 degré C en cent ans...  C'est donc aussi la stagnation, en dépit des nouvelles alarmantes :  2016 : nouveau record de chaleur sur terre, La température de la planète grimpe deux fois plus vite que prévuLe réchauffement climatique explose en 2016 !  Le rythme du réchauffement climatique progresse, L'OMM confirme l'accélération dramatique du réchauffement etc. etc. Les superlatifs volent en escadrille. Aucun de ces journeaux ne fait mention de la stabilité des températures depuis 2016, pour tant notée par tous les grands organismes qui publient l'évolution des températures.